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Revue Développement humain, handicap et changement social, Vol. 20, No. 1, Octobre 2012

Les conceptions du rétablissement en santé mentale: recherches identitaires, interdépendances et changements sociaux

Depuis les années 1970, l’intérêt grandissant des professionnels, des chercheurs et des décideurs pour l’approche du rétablissement poursuit le changement de paradigme entamé avec les vagues de désinstitutionalisation psychiatrique. Fondé sur une perspective renouvelée de l’appropriation du pouvoir et de la participation active à la vie en société, les partisans du rétablissement estiment que les personnes aux prises avec des troubles mentaux peuvent être en mesure d’accomplir leurs habitudes de vie de façon satisfaisante, et ce, sur de longues périodes. Ils avancent toutefois que cet objectif ne pourra être atteint sans reconnaître explicitement l’impact des dimensions identitaires et des conséquences de l’exclusion sociale sur la santé mentale.

Le concept de rétablissement implique l’amorce d’une transformation simultanée de l’individu et de l’environnement dans lequel ce dernier évolue au quotidien. Cette approche conteste en effet la propension des acteurs à se concentrer sur la seule gestion des symptômes au profit du développement chez la personne de compétences et d’attitudes favorables à la résilience, la constitution d’une identité positive et significative, ainsi que sur la réduction de la stigmatisation envers les troubles mentaux et les barrières environnementales à la participation sociale. Peu s’accordent toutefois sur les manières effectives de transposer ces objectifs dans l’organisation même des programmes et des services : plusieurs remettent même en question le caractère innovateur de l’approche du rétablissement et notent que certaines personnes ayant des troubles mentaux ne peuvent espérer s’engager dans un tel processus. Ces critiques témoignent d’une confusion persistante quant à la définition du rétablissement, aux pratiques qui lui sont associées et aux moyens à privilégier pour mesurer leur efficacité. Il n’en demeure pas moins qu’une telle approche contribue à la  remise en question de notre compréhension historique de l’origine des causes et des conséquences des troubles mentaux.

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